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Bon… sans conteste, la journée la plus « galère » (justement) du voyage !

Galeria - Porto, 54 km

Galeria - Porto, 54 km

La nuit avait déjà été ponctuée d’un vent fort et d’innombrables éclairs, un orage sur la mer impressionnant (surtout quand on est dans une tente !)

Au matin, la pluie est passée mais le temps est gris. On se dit que c’est jouable, mais le temps qu’on aille petit-déjeuner, on rentre sous la bruine… hésitation, partir, rester… finalement, on plie bagage et on lève le camp. Fabien a une sacoche équipée d’une pochette imperméable intégrale, mais pour moi c’est différent : la pochette imperméable protège juste la sacoche du dessus (un sac à dos détachable), du coup je décide de parer le coup en mettant au moins un pantalon, un t-shirt et des chaussettes dans un sac en plastique histoire d’avoir quelque chose de sec si le temps empire. Et on quitte Galeria !

Quatre petits kilomètres plus tard, alors qu’on vient à peine de rejoindre la route de Porto… la bruine se transforme en une véritable pluie. Arrêt, sortie des ponchos, on repart, et 2 km plus tard on trouve un porche où l’on décide de s’arrêter en attendant une accalmie. On était donc très optimistes ! Parce que d’accalmie, que nenni. Alors on prend notre courage à deux mains et on se lance en croisant fort les doigts. C’est qu’il y a un col de 408 m. qui nous attend, puis un autre derrière à 269 m. !

L'après-pluie (on n'a pas eu le courage de prendre des photos pendant !)

L'après-pluie (on n'a pas eu le courage de prendre des photos pendant !)

Peine perdue… on fera 30 km sous une pluie battante, avec le poncho qui colle au corps. T-shirt et cuissard trempé, et les chaussettes qui flottent dans les chaussures qui font plutôt penser à deux grandes poches d’eau froide… non, on n’a vraiment pas aimé !!! Quand on est dans l’effort de la montée, et tout relativement, ça passe d’être trempé. Mais après le premier col, la descente est horrible : l’air froid provoqué par la vitesse nous glace, le poncho et le t-shirt se plaquent au corps, brrrr ! plus jamais ! Le problème, on en est bien conscients, c’est qu’une fois partis on ne peut plus s’arrêter : il n’y a rien sur la route, et même si l’on croisait un bar on ne pourrait pas se permettre de s’arrêter… On serait congelés à cause des vêtements froids et il serait impossible de repartir. On a donc vaillamment continué juqu’à ce qu’enfin, la pluie nous offre une accalmie. Dès les premières éclaircies on s’arrête, on quitte le poncho et on change t-shirt et chaussettes. Comme prévu, tout dans mes sacoches est trempé sauf ce qui est dans le sac plastique (et qui me servira à Porto) : c’est Fabien qui me prête un t-shirt de rechange ! Aaaah, la tiédeur d’un t-shirt sec, c’est une sensation indescriptible ! Quant aux chaussettes sèches, on les replonge aussitôt dans les baskets trempées, mais ça fait un peu moins « sploch sploch ».

Soulagés, dites-vous ? Pensez ! Quelques km avant Porto, on est obligés de ressortir le poncho ! Là, ça commence à être épuisant. D’autant plus qu’une ultime montée nous fait de l’oeil avant d’atteindre notre destination, et plutôt rude (la fatigue aidant à tout trouver plus dur).

Porto le soir, la pluie est partie et les amateurs de coucher de soleil se retrouvent...

Porto le soir, la pluie est partie et les amateurs de coucher de soleil se retrouvent...

Quand enfin nous atteignons le village, inutile de penser au camping, on fonce vers un hôtel ! Et on en trouve un super et vraiment pas cher : l’hôtel « le Golfe » sur le port, chambre à 54€ avec vue sur la montagne et petit déj inclus (toutes les vues sur mer sont prises). C’est familial, c’est moquette et portes en bois avec une petite salle de bains directement dans la chambre, et surtout assez d’espace et de cintres pour vider mes sacoches, passer par le lavomatic pour laver et sécher, et étendre tout ça avant de repartir !

Porto

Porto

Au moins, la pluie n’aura duré qu’un jour…

Cette étape, franchement, c’est de la baladounette ! C’est parfait pour une remise en selle après l’épisode du genou. Les montées ne sont pas trop raides, on a une moyenne très correcte de 17 km/h, et d’ailleurs, pas de maux de genou signalés sur cette étape !

Calvi - Galeria, 37km

Calvi - Galeria, 37km

Le trajet sera fait en 2h30, pauses photo comprises. Comme évidemment rien n’est jamais parfait, on se paye un bon vent de face sur une partie du chemin, et la route, lisse sur les premiers kilomètres, devient très vite défoncée : c’est du gros caillou concassé mélangé à du mauvais bitume, et ça secoue ! Et oui, même avec les trajets faciles on trouve quelque chose à redire…

Plus que 10 km !

Plus que 10 km !

La route pour Galeria se situe après un pont qui enjambe la rivière du Fangu. Au lieu de piquer à gauche direction Porto (la prochaine étape), il faut virer à droite vers la mer pour dévaler quelques kilomètres supplémentaires et atteindre Galeria. En soi, le village n’a rien d’extravagant, beaucoup de touristes ont le tort de ne pas s’arrêter… Pourtant, tout près d’ici se cache un véritable bijou !

La photographe... et la photographie !

La photographe... et la photographie !

Et ce bijou, c’est le Fangu : imaginez une rivière qui sur des kilomètres en amont, coule sur une profondeur de 10 cm environ. Le soleil tape suffisamment pour faire chauffer l’eau… Et un peu plus bas, là où vous vous baignerez, on trouve des petites piscines naturelles. L’eau, lors de notre passage, devait être au moins à 28° : on y entrait sans se forcer ! Limpide, couleur menthe à l’eau, avec au fond de gros cailloux ronds qui n’agressent pas les pieds et tout autour de la roche rouge… pas d’algues… je crois que c’est le paradis !

Le Fangu, à ne rater sous aucun prétexte !

Le Fangu, à ne rater sous aucun prétexte !

Le Fangu est à environ 8 km du village, et vu que le trajet du matin ne nous a pas laissé HS, on file vers la rivière ! Ne vous découragez pas lorsque vous la chercherez. Il faut rejoindre le pont traversé le matin-même, continuer direction Porto, puis bifurquez sur la D351 qui suit le Fangu. Roulez, roulez… jusqu’à une petite place où se garent les voitures. Vous apercevrez un joli pont de pierre, mais (si je me souviens bien) c’est préférable de continuer jusqu’à cette place un peu terreuse. Je n’ai jamais vu énormément de baigneurs le long de la rivière : chacun se choisit un coin, les uns sont éloignés des autres, et apparemment, les touristes ignorent tout de cet endroit magique !

I'm a pooooor, lonesome cowboy...

I'm a pooooor, lonesome cowboy...

Enfin, à Galeria nous avons fait arrêt pour la nuit au « Camping idéal ». Il n’avait d’idéal que le nom… les emplacements ne sont pas délimités, c’est donc un grand champ planté d’arbres, les sanitaires sont un peu vieillots, comme les habitués qui sont ici avec leur caravane pour l’été (d’ailleurs, on les remercie : grâce à eux on a pu écouter le JT de TF1 en pique-niquant ! ah oui, et les pubs aussi. Et l’émission de variétoche du soir !) A priori, il n’y a qu’un camping. L’occasion de faire une pause à l’hôtel ? A voir !

Ce n’était pas franchement l’itinéraire prévu pour la journée ! En fait, après le train on devait rouler jusqu’à Galéria depuis Calvi. Mais ce sont les aléas de ce type de voyage… et cela permet d’aborder la question de la condition physique !

Ile Rousse - Calvi en micheline !

Ile Rousse - Calvi en micheline !

(oui, je vous entends d’ici et non, je ne suis pas d’accord : ma locomotive est très bien dessinée !)

Rendez-vous est pris avec Micheline la locomotive pour une balade sympathique le long de la côte, avec arrêt à toutes les plages. Deux contrôleurs pour deux wagons, l’un qui surveille, l’autre qui poinçonne et doit en même temps faire siffler Micheline pour prévenir les malheureux qui s’endormiraient sur la voie. On est bien en Corse !

Sur les pas de Mich'mich' la micheline

Sur les pas de Mich'mich' la micheline

On débarque à Calvi à l’heure dite, 9h20, et nous voilà à rhabiller nos vélos avec sacoches et bidons afin de repartir pour Galeria. Une trentaine de km, ça devrait le faire !

La sortie de Calvi commence par une montée. Pour la première fois, Fabien est derrière moi… c’est sûr, il se passe quelque chose ! D’habitude et surtout dans les montées, il me sème allègrement. En fait, il a très mal à un genou et n’ose plus forcer dessus. Décision est prise de redescendre à Calvi et de lui trouver un médecin.

La citadelle de Calvi

La citadelle de Calvi

Rendez-vous à 14h… on décide donc de passer la nuit ici. S’ensuit une discussion sur la décision à prendre : continuer coûte de coûte ou abréger le parcours ? Car depuis Calvi on a encore le choix, et c’est que qu’on avait fait avec Patricia en 2006 : on avait pris le train jusqu’à Ajaccio, puis parcouru la pointe à vélo jusqu’à Porto-Vecchio. Ça ne nous satisferait pas vraiment, mais après tout…

Quand enfin Fabien ressort de chez le médecin, c’est le soulagement ! Il semble que ce soit une inflammation au ménisque, il doit prendre des anti-inflammatoires et s’étaler du niflugel. J’avais eu aussi des soucis aux deux genoux lors du précédent tour, mais moi c’était après coup : difficultés à m’accroupir et à me relever, les genoux étaient comme rouillés… Apparemment, c’est surtout une sursollicitation qui provoque cette sensation désagréable. Cyclotouristes potentiels, on vous rassure : c’est passé très vite chez Fabien et pour moi, cela ne m’a pas fait la même chose qu’en 2006 ! Et puis je connais des cyclotouristes du tonnerre qui ont parcouru 10.000km sur la cordillère des Andes sans souci particulier…! Je pense que la préparation en amont est certainement la clef de tout cela… un peu plus d’entraînement ne nous aurait pas fait de mal ! En-dehors de ce problème, nous n’avons rien eu d’autre pendant le parcours. Même les courbatures ont été minimes grâce à notre choix de pédaler un peu chaque jour.

Baie de Calvi

Baie de Calvi

Cette fois-ci, on se dit qu’on ne lâchera pas notre idée de loger à l’hôtel : le blessé le mérite bien ! Mais ce fut tout aussi difficile qu’à l’Ile Rousse. On a fini par dégoter un appartement au motel les Pins, à la sortie de la ville sur la route de Galeria ; tout le reste était pris d’assaut. Surprenant en plein mois de juin ! Enfin, on ne sera finalement pas mal tombé puisque l’endroit est équipé d’une piscine qui a droit à toute notre attention avant le dîner du soir…

Calvi est vraiment une belle ville et un très beau spot pour la planche à voile. Une idée pour des vacances futures…!

En attendant, à force de puiser dans nos jours de repos, il ne nous en reste plus que 3 jusqu’à la fin du trajet (et il reste 11 jours).